DÉCLARATION DU MPCL SUR L’EXPULSION DE KEMI SEBA

L’EXPULSION D’UN AFRICAIN D’UN PAYS AFRICAIN EST DÉSHONORANT POUR
TOUS LES AFRICAINS !

La décision du gouvernement sénégalais d’expulser manu militari le militant
pan-africaniste Kémi Séba de notre pays (un sanctuaire majeur du panafricanisme) a
créé une vive émotion et consternation dans les cercles politiques progressistes et les
mouvements citoyens du continent et de la Diaspora.
Expulser un activiste africain (qui ne se définit pas comme un « Franco-béninois » mais
comme un Africain tout court), après qu’il ait manifesté à sa manière son opposition à la
perpétuation du Franc CFA, ne peut que prêter à interprétation et ternir durablement
l’image de notre pays.

La patrie de Cheikh Anta Diop, Abdoulaye Ly, Abdoulaye Gueye, Léopold Senghor,
Mamadou Dia, Majmouth Diop, Makhtar Mbow, Oumar Blondin, Abdoulaye Wade,
Sembène Ousmane, Ousmane Sow, des hommes et femmes « porteurs de pancartes »
et tant d’autres (avant et après eux), a toujours été un refuge sûr et sans compromis des
grandes causes panafricaines et de tous les Africains persécutés pour leurs idées ou
pour leur engagement politique.

Ce n’est pas au moment où le Rwanda et le Bénin suppriment le visa d’entrée aux
africains dans leur territoire, où des Africains debout se battent pour la libre circulation
des Africains partout dans ce continent qui est leur patrie, leur destin et leur futur
radieux, que le Sénégal peut expulser un militant pan-africaniste vers la …France, contre
son gré et dans une précipitation blessante pour lui, sa famille et ses amis.
Notre parti, le MPCL, réitère sans ambages son adhésion totale et entière à la création –
dans un processus maitrisé et conduit par nos propres experts- d’une monnaie
commune africaine, comme l’avait proposé le héros et leader pan-africaniste Kwamé
N’krumah il y’a plus de 50 ans.

Du reste, la Banque centrale africaine et la Zone monétaire africaine ont déjà été
adoptées par les pays africains depuis l’année 2000 lors de la création de l’Union
africaine (Art 19 de la Charte de l’UA). Ces institutions financières panafricaines
pouvaient –si elles étaient réellement opérationnalisées- accélérer la mise en place de
la monnaie commune africaine mais comme on le sait elles restent tributaires de la volonté politique de nos dirigeants.

Or donc, la plupart de ces dirigeants donnent l’impression d’avoir le pied plus sur le frein
que sur l’accélérateur de l’intégration économique africaine et de l’unité politique du
continent. Peu d’entre eux croient aux États-Unis d’Afrique et au combat pour la
Renaissance africaine. D’où la nécessité d’intensifier le combat pour l’émergence de
leaders pan-africanistes sincères à la tête de nos États et ceci dans les meilleurs délais.
En attendant, Kémi Séba doit bénéficier d’une mesure de clémence lui permettant de
pouvoir fouler à nouveau le sol du Sénégal, pays qu’il aime et où il a choisi de vivre et
de dérouler en partie son combat pan-africaniste. À dire vrai, les Sénégalais, dans leur
écrasante majorité, n’ont pas eu l’impression que leur pays était en danger et que l’ordre
public était en passe d’être gravement perturbé par une seule personne dont l’unique
arme brandie jusque là étaient sa langue et ses convictions. Nos institutions sont
beaucoup plus solides que la perception que semblent en avoir les autorités qui ont pris
cette regrettable décision.

Pendant la procédure de levée de l’interdiction de séjour, des règles du jeu peuvent être
négociées avec Kémi Séba pour le respect de ses droits de « citoyen africain chez lui en
terre africaine du Sénégal » et pour le respect des règles d’un État moderne comme le
Sénégal qui protège ses intérêts et en même temps garantit toutes les libertés y compris
celle de se battre pour une monnaie commune africaine.
Fait à Dakar, le 7 septembre 2017

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